Le rebelle éclairé

Le rebelle éclairé

20 novembre 2018 Non Par Anne-Charlotte Beck

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Je suis tombée récemment sur le web sur un article qui m’a beaucoup plu mais a bousculé certaines personnes de mon entourage ! Il s’intitulait “Sommes-nous prêts à élever des rebelles ?”.

Cette question est très intéressante car elle renvoie au coeur même de nos pratiques éducatives et nous questionne profondément sur le regard que nous portons sur nos enfants et notre manière de les aider à grandir, à réfléchir à quels citoyens nous voulons voir demain sur la planète.

Personnellement je vois en mes enfants (qui ont 3 et 6 ans) une force intérieure, une sagesse, une sensibilité, une lumière d’âme, une créativité, une liberté qui m’éblouissent et me fascinent. Je considère vraiment comme l’une de mes missions essentielles de les aider à préserver cela jusqu’à l’âge adulte. 

Même si ce n’est pas toujours chose aisée et confortable… 

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Voici ce que disait l’article (extraits) : 

“Dans son livre Le mythe de l’enfant gâté, Alfie Kohn nous bouscule sur les croyances à l’origine de nos pratiques éducatives, autant individuellement que d’un point de vue social. Il nous invite à envisager ce que cela donnerait d’élever des enfants rebelles, capables de s’opposer autant à un groupe de harceleurs qu’à une loi injuste (ou une règle familiale dont ils ne comprennent pas l’intérêt !).

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 Encouragez les jeunes à s’attacher aux besoins et aux droits d’autrui ; à étudier les pratiques et les institutions qui empêchent de rendre plus belle la vie de tout un chacun ; à prendre leur courage à deux mains pour remettre en question ce qu’on dit de faire et parfois, à se préparer à enfreindre les règles. – Alfie Kohn

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Il ne s’agit pas d’encourager chez les enfants une opposition systématique à tout et tout le temps. Il parle plutôt d’un scepticisme réfléchi , un esprit de rébellion mûrement pesé.. Cet esprit de rébellion réfléchi consiste à se demander quelles règles valent la peine d’être suivies et pour quelle raison.

Kohn nous propose de réfléchir aux différences entre insolence, cynisme, arrogance et rébellion :

  • l’insolence est une résistance non argumentée et irrespectueuse ;
  • l’arrogance est une remise en question des idées des autres sans question ;
  • le cynisme est le rejet automatique de tout ce qui vient de l’extérieur ;
  • la rébellion est la capacité à être critique à l’égard des idées d’autrui autant que des siennes, à analyser les faits et les preuves, à prendre le risque de faire ce qui est juste même si cela va à l’encontre de la loi ou des normes sociales.

Ainsi, Kohn remarque que l’éducation est politique (c’est une conclusion à laquelle je suis arrivée moi-même depuis quelques temps et qui ne me quitte plus).

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Contester les modes d’éducation traditionnels, ou suggérer qu’on pourrait aider les enfants à défendre ce qui leur paraît juste, ce n’est pas introduire le politique dans la parentalité. Il y a toujours été. – Alfie Kohn

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Alfie Kohn regrette ce qu’il désigne sous le terme de « trouble de l’assentiment respectueux » (TAR). Les symptômes du TAR sont : une foi inconditionnelle en l’autorité, une obéissance aveugle aux règles, une incapacité à questionner la finalité des règles et l’éthique des lois, une immobilité face à l’injustice et à l’indignité, une incompétence au débat d’idées sans pugilat (voire carrément l’absence de l’idée même du débat possible). Il s’amuse que ces « symptômes » soient portés aux nues comme preuve d’une socialisation réussie et qu’il existe une contradiction flagrante entre les ambitions scolaires (former des citoyens éclairés capables d’esprit critique) et la réalité (élaboration de règlements intérieurs sans consultation des élèves, système de récompenses/punitions, élèves qui contestent certaines décisions étiquetés comme « fauteurs de trouble » sans prise en compte de la pertinence des arguments soulevés…). Kohn nous avertit qu’une société dans laquelle personne n’est prêt à être qualifié de fauteur de troubles, de rebelle est un lieu où l’abus de pouvoir est certain.

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La vérité, c’est que si nous voulons que nos enfants soient capables de résister à la pression de leurs semblables et deviennent des adultes qui n’hésitent pas à défendre leurs principes, nous devons nous employer à accueillir les arguments résolus qu’ils nous opposent. Nous devons surmonter notre besoin de remporter la dispute et d’imposer notre volonté, notre peur d’être perçus comme faibles ou permissifs si nous accordons à nos enfants le droit à la contestation. – Alfie Kohn

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Ce type d’éducation demande du courage : élever des enfants courageux et justes requiert des adultes courageux et justes. Nous avons en effet tous tendance à trouver l’indocilité énervante et l’obéissance beaucoup plus facile (au quotidien parce que les luttes pour le brossage de dents nous épuisent ou de manière plus générale parce que le regard social désapprobateur est source de stress et de doute).

Pourtant, Kohn nous pousse dans nos retranchements : n’avons-nous pas envie que nos enfants soient sources d’inspiration plutôt qu’ils passent leur vie à accumuler des marques de reconnaissance ? Ne voulons-nous pas qu’ils pensent aux autres au lieu de s’intéresser uniquement à ce dont ils tireront un bénéfice personnel ? Ne souhaitons-nous pas qu’ils posent des questions sur ce qui leur paraît oppressant plutôt que de faire ce qu’on a toujours fait au seul prétexte que cela a toujours été fait ainsi ?

Les 3 ingrédients du rebelle : 

Ces trois ingrédients vont permettre d’élever des enfants capables de réaliser qu’une idée peut être remise en question même quand elle vient de l’autorité, qu’ils ont le droit (et même le devoir) de prendre la parole et qu’ils ont le pouvoir d’entreprendre une action en faveur de plus de justice et de moins de souffrance à petite et même à grande échelle.

1. Cultiver l’empathie

2. Renforcer la confiance en soi

3. Adopter comme valeur le scepticisme”

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J’adhère totalement aux propos de cet article ! J’ajouterais juste à côté de l’empathie le respect de la vie sous toutes ses formes.

J’ai été très surprise de voir à quel point le mot “rebelle” dérange bon nombre de personnes… Personnellement je l’ai pris sous l’angle positif de cet article, celui qui ne se soumet pas aveuglément à l’ordre établi, croit en lui-même et défend ses valeurs, avec conviction et pas forcément avec violence.

Il est très clair que le système politique et éducatif (qui sont liés) font tout pour éviter l’émergence d’une nouvelle génération de rebelles qui remettraient inévitablement en cause les principes erronés de la société et de l’autorité. Mais il est clair aussi que les consciences s’éveillent et que le mouvement est en marche…

Le monde a douloureusement besoin de telles âmes fortes ! Einstein, Gandhi, Mandela, de Gaulle… le Christ !… sont de magnifiques rebelles… Alors accueillons le rebelle en nos enfants et en nous ! Et faisons le maximum pour que les rebelles positifs d’aujourd’hui et de demain soient éclairés et guidés par des intentions pures… D’où l’importance d’inculquer des valeurs à nos enfants et d’être nous-mêmes exemplaires…

En résumé :

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